Cosmogonie
Ambigüité dans la théorie du big bang
Que sait-on de la création de l’Univers ?
Beaucoup de choses, mais notamment que :
380 000 ans après le big bang, les électrons s’associent aux protons et aux neutrons pour former des atomes. Le plasma est devenu un gaz. Les photons émis par ces atomes brûlants filent enfin librement dans l’espace, et la lumière fut, après 380 000 ans de ténèbres.
Voilà ce qu’on croit savoir.
Sur quoi repose cette théorie ?
Sur 3 « piliers » :
- Premier pilier : l’expansion de l’Univers. Edwin Hubble découvre en 1929 que toutes les galaxies s’éloignent de la nôtre.
- Deuxième pilier : la nucléosynthèse. George Gamow détermine en 1948 le pourcentage des éléments légers créés dans la fournaise du big bang. Son calcul coïncide parfaitement avec ce que l’on peut observer dans la nature.
- Troisième pilier : Le rayonnement fossile. Arno Penzias et Robert Wilson, découvrent par hasard le rayonnement de fond cosmologique fossile. George Smoot et John Mather en captent la première image en 1992.
Je relève une ambigüité :
Le premier pilier nous dit que l’Univers est en expansion, ce qui signifie qu’en n’importe quel point de l’Univers où l’on se situe, tout, absolument tout, s’éloigne de nous.
Le troisième pilier affirme qu’on a vu, oui vu, le rayonnement de fond cosmologique.
Ce rayonnement cosmologique fossile, reliquat lumineux des 380 000 premières années de l’Univers, s’est forcément éloigné de nous, en vertu du premier pilier.
Et voilà qu’on le voit !
Certes, plus on observe des objets éloignés de nous, plus on remonte dans le passé, puisque la lumière des étoiles met du temps à nous rejoindre. La lumière que nous en recevons est partie de la surface des étoiles à une époque proportionnelle à la distance parcourue. Je n’en disconviens pas. Considérons cependant que ces étoiles émettent des photons dans toutes les directions de l’Univers. Il est normal qu’après leur voyage ils viennent un jour frapper notre bonne vieille Terre.
Tandis que le rayonnement cosmologique fossile, lui, aurait dû s’éloigner de nous, en vertu de l’expansion citée plus haut et vérifiée par toutes les observations.
Conclusion :
Si on a pu le voir, ça signifie qu’à un moment donné, ses photons ont changé de sens pour faire demi-tour et se laisser photographier, puisqu’ils sont sensés s’être éloignés de nous !
Et pourtant, on l’a vu ! Alors qu’a-t-on vu ?
Peut-être son reflet ? Si oui, son reflet dans quel miroir ? Un miroir constitué d’une matière ou d’une énergie invisible ? Une matière qui serait « noire » ? Une énergie qui serait « sombre » ? Et qu’on recherche depuis longtemps …
On croit savoir que l’expansion de l’Univers est trop rapide par rapport aux prévisions du modèle standard. Comme si une énorme quantité d’énergie l’accélérait, l’aspirait vers l’extérieur. L’extérieur de l’Univers, voilà un paradoxe à faire faire demi-tour à des photons, non ? Boutade ?
(Extrait de ma lettre du lundi 28 juillet 2008 à Monsieur le Rédacteur en Chef de la revue Science et Vie ... sans réponse à ce jour)
Alain